
Au XVIIIème siècle, Condorcet, mathématicien et philosophe, fait preuve d’une intuition forte au sujet de la médecine préventive qu’il appelait « médecine conservatrice » en tenant le propos suivant : « Personne ne doutera sans doute que les progrès de la médecine conservatrice (…) ne doivent prolonger, pour les hommes, la durée de la vie commune, leur assurer une santé plus constante, une constitution plus robuste ». Et l’histoire semble lui avoir donné raison. La médecine préventive ne permet-elle pas, en effet, par ses campagnes de vaccinations systématiques lancées par l’OMS ou encore par l’importante mise en œuvre de visites médicales régulières pour les travailleurs, d’assurer à chaque être humain la possibilité d’une santé meilleure au sein d’un environnement préservé ? C’est ainsi qu’il est conseillé aux femmes de plus de cinquante ans d’effectuer une mammographie tous les deux ans. La médecine préventive joue ici un rôle non négligeable en permettant,si pathologie il y a, une prise en charge au bon moment. Au début du XXème siècle, cette médecine commence à s’organiser au plan régional et national. C’est pourtant une idée fort ancienne qui s’incarne dans la médecine du travail. Dès l’Antiquité, des médecins étaient présents sur les chantiers des pyramides égyptiennes pour veiller à la santé des ouvriers. A la fin du XIXème siècle, des visites d’embauches, un contrôle de l’absentéisme et de l’aptitude se mettent en place. Progressivement, la notion de prévention est assimilée par les mentalités de sorte qu’elle apparaît à la fois comme une évolution nécessaire et comme un grand espoir pour chacun d’entre nous. Au regard des ses avantages financiers et sanitaires, en cherchant à soigner la pathologie à ses débuts avant qu’elle n’ait atteint un stade avancé, la médecine préventive ne s’impose-t-elle pas comme un progrès de plus en plus concret pour la santé ? Non seulement nous pouvons favoriser une telle médecine mais n’en avons-nous pas aussi le devoir, un devoir qui s’incarne notamment dans le souci pour les générations futures et leur capacité à répondre à leurs nouveaux besoins de soins ?
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